Préambule du CONSEIL MUNICIPAL DU 11 AOUT 2009

Publié le par Huguette Bello

Exposé introductif de Huguette Bello.


" Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

I - Le Conseil d’État vient de prendre la décision d’annuler les élections municipales de Saint-Paul, et donc de prendre en considération certains arguments (ou plus exactement un seul des arguments) avancés par le maire déchu.

 

Disons-le tout net : cette décision du Conseil d’État, que nous ne commenterons pas, nous semble incompréhensible. Je sais que ce sentiment est largement partagé.

 

Notre majorité, il est vrai, était courte - 138 voix - mais elle existait bel et bien, et cela d’autant plus que nous étions dans la position du challenger.

 

En fait de majorité courte, nous constatons que le même Conseil d’État a validé récemment l’élection à la municipalité de Longjumeau (21 000 d’habitants) de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, qui l’avait emporté avec 39 voix d’écart. Son élection a donc été confirmée alors que son avance était près de quatre fois moins importante que la nôtre.

 

La décision nous concernant me semble également incompréhensible au vu du moyen retenu par le Conseil d’État.

 

En effet, tous les griefs énoncés par nos adversaires ont été repoussés par le Conseil d’État, à la seule exception de l’argument qui fait état d’un certain nombre de signatures qui auraient été dissemblables d’un tour à l’autre.

C’est ce seul point qui nous a valu l’annulation de l’élection. Sur les neuf griefs soulevés, le Conseil d’État n’a retenu que celui-là. Or, ce grief - il faut insister là-dessus - fait allusion à des actes que nous nous n’avions pas commis, que ne pouvions pas commettre puisque, comme chacun le sait, la responsabilité des bureaux de vote incombait au maire sortant.

 

La jurisprudence du Conseil d’État consistait à écarter les votes résultant de signatures « significativement différentes » entre les deux tours de scrutin. À Saint-Paul, le Conseil d’État avait à se prononcer sur la validité des 155 votes que le Tribunal administratif avait annulés alors que notre écart de voix avec notre adversaire, au soir du 16 mars 2008, était de 138 voix.

Dès lors, il nous suffisait de démontrer, par la voix de notre avocat, qu’au moins 17 voix (155 - 138 = 17) étaient valides, c'est-à-dire ne présentaient pas de « différences manifestes ».

 

Pour établir ce point, nous avons sollicité Mme Françoise de RICCI D’ARNOUX, graphologue conseil, expert près la cour administrative d’appel de Paris, expert honoraire près la Cour d’appel de Paris et de la Cour de Cassation.

 

Résultat de cette expertise : 93 signatures considérées par les premiers juges comme présentant des « différences significatives » viennent en réalité, selon l’expert, de la même main.

 

(Je peux vous faire tenir quelques exemples de ces signatures.)

 

Telle n’a pas été l’analyse des juges du Conseil d’État. Ils n’ont pas retenu l’expertise de Mme de Ricci et n’ont pas envisagé non plus la possibilité de recourir à une contre-expertise.

 

Ils ont préféré faire confiance à leurs propres yeux sans doute parce que, comme l’a dit le rapporteur public, la graphologie n’est pas une science exacte. Ce raisonnement n’en finit pas de surprendre. Appliquons-le un instant à l’expertise psychiatrique, à laquelle la justice a si souvent recours. Est-ce là vraiment une science exacte ?

Revenons à notre affaire pour signaler que le nombre de signatures en cause n’a cessé de fluctuer en fonction des yeux qui les ont regardées. Aux yeux de Bénard and Co, 350 émargements posent problème. Pour le Tribunal Administratif, seulement 155. Pour le rapporteur public du Conseil d’État, 143.

 

 

Par ailleurs et pour votre complète information, nous nous devons de vous indiquer que les signatures contestées l’ont été, pour l’essentiel, dans les quatre bureaux de vote suivants :

 

-                          Bureau 24, école Combavas à la Plaine. Président : Mme Marie Luce NIRLO, fonctionnaire de l’administration départementale.

-                          Bureau 42, école Fleurimont 1. Président au 1er tour : Mme CADARSI, Marie Estelline (employée communale au service comptabilité) ; au second tour, M. HOAREAU Marc André Alidor, ancien greffier du tribunal de Saint-Denis

-                          Bureau 60, école Eucalyptus. Président : M. AURÉ, Jean Marc Michel, surveillant de prison au Port.

-                          Bureau 63, école Ermitage les Hauts. Président : M. MICHEL, Georges Marie Willy, comptable au cabinet SAY-LIANG FAT.

 

Nous ne pouvons en aucun cas soupçonner ces Présidents de bureau d’être nos partisans. L’organisation de ces quatre bureaux, comme de tous ceux de la Commune, avait été assurée par l’ancienne équipe municipale. Notre liste ne disposait que de deux représentants, 1 assesseur et 1 délégué dans chacun des bureaux face aux autres membres, bien plus nombreux et désignés par l’ancien maire, parmi lesquels, bien sûr, le Président.

 

Vous comprendrez que, dans ces conditions, la décision du Conseil d’État nous apparaisse pour le moins injuste. Elle vient priver les Saint-Paulois de leur victoire et nous oblige à repartir à la bataille électorale. De plus, elle a d’autres conséquences. Le traitement de certains dossiers importants sera retardé, et la Ville devra faire face à de lourdes dépenses pour organiser cette nouvelle consultation.

 

 

 

II - L’annulation des élections municipales de Saint-Paul s’inscrit dans une série qui commence à devenir longue et dont le scénario est toujours le même : ce sont les élus de gauche qui, sur recours de candidats défaits de l’UMP, voient leur élection annulée. On n’a pas encore vu l’inverse à la Réunion. Hasard ? Accumulation d’erreurs chez les candidats de gauche ? Maîtrise des procédures de recours chez leurs adversaires malheureux de droite ? Tout cela est troublant.

 

À mon avis, on ne peut saisir ce qui est en train de se jouer chez nous si l’on ne rapproche pas tous ces événements de ce qui se passe ailleurs outre-mer. Depuis les mouvements sociaux des Antilles, depuis la grève générale très populaire durant plusieurs semaines, depuis les dénonciations du LKP contre la pwofytation, le gouvernement et l’UMP sont sur le qui-vive. Ils veulent éviter là-bas la moindre provocation de peur d’enflammer une situation tendue. Au contraire, ils multiplient ce qu’ils pensent être des gestes d’apaisement. Il n’a échappé à personne que la nouvelle Ministre de l’Outre-mer vient de la Guadeloupe. Il n’a échappé à personne non plus que le premier déplacement de Nicolas Sarkozy outre-mer depuis son élection a été pour les Antilles. Il a dit oui à tout, et à tout le monde, et à toutes les demandes qu’on lui faisait, notamment sur les questions d’évolution institutionnelle. On pourrait multiplier les exemples. Aux Antilles, l’UMP a peur.

 

Ici, à la Réunion, l’UMP a un tout autre comportement. Les responsables parisiens, que ne détrompent pas leurs représentants locaux, sont persuadés que nous sommes « gentils ». À la Réunion, ce n’est pas la peur qui guide l’UMP. Puisque nous sommes gentils, elle peut défendre brutalement ses intérêts, sans faire cas de nous.

 

Nous sommes « gentils », on peut donc ne pas respecter notre volonté. Nous ne réagirons pas puisque nous sommes gentils : pourquoi donc se gêner, pourquoi donc ne pas remettre nos choix en cause ? Nous sommes « gentils », nous accepterons donc avec docilité toutes les décisions qu’on prendra. Nous sommes « gentils », on peut donc bafouer notre parole.

 

Eh bien ! puisque l’occasion nous en est donnée, nous aurons à cœur, ici, à Saint-Paul, de montrer qu’aucun parti, aucune institution, ni l’UMP ni le gouvernement, n’ont le droit de jouer avec nos choix, avec nous. C’est avec leur cœur et leur intelligence que les Saint-Paulois iront bientôt voter, iront bientôt renouveler, en l’amplifiant, leur vote de mars 2008. Voilà la meilleure réponse à toutes les manœuvres qui infectent notre commune. Et ce sera le meilleur avertissement à donner à ceux qui pensent que, chez nous, tout est permis puisque les Réunionnaises et les Réunionnais sont « gentils ».

 

 

 

III – De nouvelles élections doivent donc avoir lieu à Saint-Paul. Et qui dit élections dit campagne électorale. Deux ou trois remarques là-dessus.

 

Sans doute convaincus de la teneur de la décision du Conseil d’État, nos adversaires de droite ont commencé, depuis plusieurs semaines, à diffuser des tracts, à tenir des meetings, à ouvrir des blogs, à retrouver l’usage des portables et des SMS. S’ils utilisent ces moyens, c’est leur affaire et c’est leur droit.

 

Par contre, le contenu des propos qu’ils tiennent, c’est aussi notre affaire. Et là, hélas !, nous pouvons déjà le constater et le dénoncer, c’est le grand retour des poubelles anciennes, encore plus sales qu’avant. Désinformation, déformation des propos, mensonges éhontés, voilà les vertus démocratiques qui inspirent, par exemple, un récent tract que son auteur a même eu honte de signer. Il y avait la presse caniveau, il y a maintenant le tract caniveau. La devise de nos adversaires,  ce n’est pas le magnifique « Yes, we can » c’est plutôt « Yes, we can…iveau » !

 

Alain Bénard et ses amis sont déjà retombés dans leurs anciens travers à l’égard du personnel municipal : harcèlement via les SMS, y compris professionnels, tentative d’instrumentalisation des agents, etc. Apparemment, l’ancien maire de Saint-Paul n’a pas compris qu’à la Mairie de Saint-Paul, une page est définitivement tournée et que le personnel communal est fier d’être au service des administrés, de l’intérêt général, et non pas d’un clan.

 

N’en déplaise à ce clan, la dynamique du changement est enclenchée à Saint-Paul. Tout le monde le voit : les projets et les réalisations se succèdent dans notre commune. Des décisions importantes pour améliorer la vie de nos concitoyens et redonner à Saint-Paul la place qui lui revient sont prises. Nous aurons, bien sûr, l’occasion d’en reparler plus longuement. Mais permettez-moi, au nom même de cette dynamique du changement, d’insister aujourd’hui sur la nécessité d’inscrire cette campagne qui s’ouvre sous le signe de la dignité. Nous ne voulons pas que l’image de Saint-Paul soit associée aux comportements désastreux dus à l’affolement et à la mauvaise foi d’un petit nombre. Ceux qui persisteront dans ces attitudes d’un autre âge ne montreront qu’une chose : qu’ils n’ont pas leur place à la tête d’une commune de plus de 100 000 habitants !

 

Pour notre part, nous abordons cette campagne comme nous l’avons toujours fait : avec énergie, avec détermination, avec courage, et j’ajouterai cette fois, avec plus de confiance que jamais.

 

Oui, nous sommes confiants dans le verdict des urnes. Les Saint-Paulois sauront renouveler leur confiance et leur soutien à notre équipe. Depuis dix-huit mois, nous travaillons de toutes nos forces. Les femmes et les hommes de Saint-Paul ne voudront pas replonger dans un passé dont ils ont déjà pris congé.

Je vous remercie de votre attention. "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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fred 30/09/2009 03:03


Madame la députée, Chère collègue,

Comme d'habitude,une magnifique intervention de votre part!
Tous mes voeux de réussite pour le deuxième tour. J'espère que vous aurez autant de réussite que nous à Saint-Benoît, pour convaincre les Saint-Paulois.
Je ne me fais aucun soucis à ce propos tant votre talent et votre bilan parlent d'eux-mêmes.
Je serai à Saint-Paul dimanche soir pour écouter votre discours de la victoire.

Cordialement,

Un élu socialiste bénédictin