Face à face avec Huguette Bello : décollage économique (suite 2)

Publié le par Huguette Bello

Huguette Bello, quelle est la situation économique du territoire de Saint-Paul ?


Du fait de son attractivité économique (ville touristique, proximité du Port, …), la Commune de Saint-Paul présente des résultats économiques révélateurs du paradoxe réunionnais.

La croissance économique entraîne une progression de l’emploi qui ne permet cependant pas d’absorber l’ensemble de la population active en demande d'emploi.

La croissance démographique naturelle et parfois le solde migratoire positif expliquent ce décalage entre l’offre de travail et la demande.

Par conséquent, le chômage réunionnais doit être caractérisé de structurel et dépasse toujours largement la moyenne nationale.

Au regard du taux de chômage comme de tous les autres indicateurs, toute La Réunion aurait pu être classée en Zone Urbaine Sensible (ZUS).

Ainsi, les chiffres de croissance de l’emploi (1,52 % pour Saint-Paul et 6,36 % pour La Réunion entière entre 2005 et 2006) ou du nombre d’entreprises (taux de création d‘entreprise s’élevant à 17,50 % et 16,53 % en 2007) ne doivent pas exercer un effet d’ « arbre qui cache la forêt ».

Le taux de chômage dépasse toujours 30 %, le taux de RMIStes est sans comparaison avec ceux des régions de France métropolitaine y compris dans les Communes attractives pour les entreprises.
 
 
Est-ce que Saint-Paul échappe à cette règle ?


Non, Saint-Paul n’échappe pas à cette règle.
 
De plus, le tissu d’entreprises saint-pauloises se compose essentiellement de petites entreprises : 59 % d’entre elles n’ont pas de salarié en 2008.
Seuls 1 % a plus de 50 salariés.

Les entreprises de services (tertiaire) représentent 76 % de l’ensemble alors que l’industrie, l’agriculture et le BTP représentent respectivement 6, 8 et 10 %.

Un parallèle peut être fait entre le poids des services et l’importance de l’économie dite « résidentielle » : 65,5 % de l’ensemble et 45,6 % des effectifs totaux (privés et publics). Il s’agit principalement d’une activité répondant aux besoins des résidents : loisir, bien-être,
commerce, habitat, santé, … Celle-ci ne peut se faire que sur place et ne subit donc pas directement la concurrence des importations.

On notera également
l’importance de la fonction publique à Saint-Paul : 40,2 % des Saint-Paulois occupant un emploi y travaillaient en 2006.



Quelles conclusions tirez-vous de ces constats ?

Le tissu économique est dynamique mais pas suffisamment pour entraîner une
réduction sensible du taux de chômage en raison de l’importance des jeunes arrivant sur le marché du travail chaque année.

L’étroitesse du marché local qui
représente moins d’un million de consommateurs et l’éloignement du marché européen aggravent ce constat.

Les petites entreprises de services sont prépondérantes.

Un accompagnement des Saint-Paulois pour qu’ils bénéficient des offres d’emploi des entreprises locales pourrait être intégré à une prestation globale d’accueil des entreprises dans la Commune.


La commande publique de la Commune tout 
comme le développement des situations de formation-emploi doivent permettre de contribuer, dans une modeste mesure, à l’ajustement entre l’offre et la demande de travail.


S’agissant de l’aide à la création de petites entreprises, il convient de définir
comment la Commune peut être facilitatrice de leur activité (aide sur le local, commandes, …). Une évaluation des actions menées dans ce sens sur le territoire saint-paulois ou intercommunal s’avère nécessaire. 

Ce sont là des travaux entamés que nous poursuivrons avec les partenaires économiques.

Le monde économique connaît mon travail de Députée en sa faveur et sait qu'en tant que Maire j'ai été et je serai une interlocutrice attentive pour aider au décollage économique de Saint-Paul.

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