Face à Face avec Huguette Bello : diagnostic social et socio-économique du territoire de Saint-Paul ( suite 3)

Publié le par Huguette Bello

Quelle est la situation de l'emploi à Saint-Paul ?

Comme je l'ai dit précédemment,
le chômage est un véritable fléau social et économique structurel à Saint-Paul comme dans le reste de La Réunion.


Chaque tranche d’âge est concernée par le chômage avec 7 976 personnes inscrites à l’ANPE à la fin septembre 2008
dont 71 % âgées entre 25 et 49 ans.


Le nombre de chômeurs inscrits depuis plus d’un an s’établit à 3 418 en novembre 2008 soit, à peu près, le dixième de l’ensemble réunionnais.


A Saint-Paul, 11,93 % des Demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM) de tout âge ont quitté l’ANPE en trouvant un travail en 2008. Ce faible résultat est doublé pour les jeunes demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE : 21,08 % ont trouvé un emploi en 2004.



Le niveau de formation des Demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM) montre que
seuls 27 % d’entre eux ont un niveau IV (baccalauréat) ou plus.

L’élément le plus inquiétant réside plus dans le fait que
42 % des
Demandeurs d’emploi en fin de mois sont sans qualification. 
Cela signifie qu’ils n’ont jamais travaillé et/ou quitté le système éducatif sans qualification ou ont fini par la perdre.


Ces personnes ne peuvent
espérer qu’un emploi relevant de l’Economie solidaire ou autre emploi aidé pour accéder au marché du travail.


Leur employabilité figure parmi les plus faibles. Elles vivent en étroite dépendance de l’aide sociale.


Le chômage structurel engendre une forme d’exclusion pouvant fragiliser la cohésion sociale car l’espoir de trouver un travail ou de sortir de cette situation
difficile devient absent pour des pans entiers de la population saint-pauloise.

Les 42 % de chômeurs sans qualification peuvent se trouver dans cette situation de marginalisation d’autant plus désespérante qu’elle se reproduit souvent de génération en génération.

 

Quelles sont les pistes de solution pour les plus éloignés de l'emploi ?

Il importe donc de voir comment casser cette spirale négative par un meilleur ajustement entre l'offre marchande et la demande d'emploi ainsi que par le développement de diverses formes d’emploi et d’activités innovantes.
 


L'enjeu de l'émergence d'une réelle économie solidaire offrant une production
d’utilité sociale réalisée par des personnes éloignées du marché du travail demeure majeur.


Certaines actions du CCAS, comme le portage de repas aux personnes à
autonomie réduite, pourraient être le support de cette économie solidaire.


De même, les services à la personne ouvriraient un gisement d’emplois significatif
dont la solvabilité mériterait d’être étudiée et recherchée.


Je pense aux chantiers d'insertion qui nous ont permis de mettre 250 jeunes saint-paulois au travail et notre effort sera poursuivi.


Je pense également au développement des emplois
liés à l’environnement. Celui-ci se heurte cependant toujours à des questions de financement.


Nous étudierons, accompagnerons et soutiendrons les projets d’Economie Solidaire pertinents
pour développer ce type d’emploi tout en offrant un service spécifique à la société.



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