Face à face avec Huguette Bello : le surendettement

Publié le par Huguette Bello

 

La situation réunionnaise est-elle comparable à la France métropolitaine ou aux autres DOM ?


Il faut savoir que la proportion de personnes en interdit bancaire est à La Réunion la moins
élevée des quatre DOM.

 
L’ensemble des DOM a vu le nombre de personnes en interdiction bancaire de son territoire baisser. Mais cette diminution a été plus modérée à La Réunion (-0,7 %).


Les surendettés sont plus jeunes à La Réunion qu’en France métropolitaine.

Compte tenu
du nombre important de chômeurs et d’inactifs sur l’île, la part des surendettés est donc plus importante dans cette catégorie par rapport à la métropole.


Si le nombre d'interdit bancaire a légèrement diminué, les Réunionnais sont donc moins surendettés ?

Non, car la Commission de surendettement a annoncé une hausse du nombre de dossiers du second semestre 2008. C'est une information capitale dont nous avons tenu compte lors de l'élaboration du budget 2009 de notre CCAS. Vous savez, il faut être attentif à toutes les évolutions de situation et s'y préparer.

Pourquoi ?


La société réunionnaise est en mouvement permanent : je suis donc attentive à chaque souffle, à chaque parole, à chaque information afin de pouvoir répondre rapidement aux difficultés de mes compatriotes. 

Pourquoi est-on surendetté à La Réunion ? 

Selon les chiffres publiés, dans 73 % des cas, le surendettement relève d’un licenciement, d’une séparation, d’une baisse des ressources, d’une maladie ou d’un excès de charges.


Selon le bilan dressé par la Direction du Travail, au 1er janvier 2009, le nombre de chômeurs a augmenté de 13,5 % en un an à La Réunion. Nous sommes dans une période de crise qui appelle donc à la plus grande vigilance et à la plus grande humanité.

En tant que Députée et Maire de Saint-Paul, il était de ma responsabilité de faire face et je n'ai pas souhaité accabler une population déjà fragilisée en lui imposant des augmentations de taxes foncières, d'habitation...Je n'ai pas augmenté les impôts ni le prix de l'eau d'ailleurs.

J'ai établi un budget d'actions sociales à la hauteur des conséquences de la crise sur les Saint-Paulois.
D'autant plus que la tendance à la hausse du nombre de dossiers de surendettement déposés, constatée sur le troisième trimestre 2008, s’est accentué au quatrième trimestre.

Combien de dossiers de surendettement ont été déposés l'an dernier ? 

 

757 dossiers ont été déposés en 2008 contre 785 en 2007, il y avait eu une baisse de 3,5 % par rapport à 2007. 
Puis, sur le seul quatrième trimestre 2008, le nombre de dossiers déposés a augmenté de 7,5 % par rapport au quatrième trimestre de 2007. Signe évident d'un profond malaise économique et social !

 

Et à Saint-Paul ? 


Le logiciel de base de données de l’IEDOM ne permet pas, hélas, d’accéder aux informations à l’échelle communale. Ce qui est regrettable.
  

Au regard de l’importance des foyers (sur) vivant à l’aide des minima sociaux, la précarité financière s’impose comme une réalité saintpauloise.

 

Dans un tel contexte, l’action sociale doit répondre à de si grandes attentes qu’elle ne peut être traitée sans une approche coordonnée favorisant la complémentarité, les synergies, la mutualisation.

J'ai donc organisé sur la commune le partenariat d’action.
Car le partenariat avec les autres acteurs( institutionnels, associatifs...) 
dans une approche territoriale s’impose comme le mode opératoire incontournable.

 

 

Nous nous attendions pour 2009 à une hausse de la demande d’aide d’urgence et/ou ponctuelle auprès des services de la Mairie. 

Nous avons voulu faire entrer la personne surendettée dans une démarche de progrès social par un contrat entre la personne demandant
de l’aide et le travailleur social.

Cela implique de favoriser des réponses partagées à chaque étape du parcours. Il s’agit ainsi d’éviter que les ménages y compris ceux qui connaissent de grandes difficultés « partent à la pêche »
aux « aides sans lendemain ».


Une réflexion avec ces demandeurs d'aide sociale sur les dépenses en faveur de la consommation durable et sur la maîtrise de leur budget est indispensable. Le CCAS est pourvoyeur d'aides et de conseils, pas seulement d'aides financières.


Pourquoi ne pas ouvrir une "épicerie sociale "  ?

La perspective d’ouverture d’une nouvelle Epicerie Sociale à Saint-Paul apparaît comme une réponse intéressante, même si elle demeure partielle.


De plus, il conviendra de capitaliser l’expérience de celle qui a fermé avant de démarrer une autre action du même type. Le mode de financement devra être étudié de manière pluriannuelle. C'est à débattre avec les associations qui luttent contre la précarité et les membres du Conseil d'administration du CCAS.

 

Publié dans Social-Santé

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