Discours d’investiture d’Huguette BELLO

Publié le par Huguette Bello

 

Hôtel de Ville de Saint-Paul

(9 octobre 2009)

Monsieur le Président de la délégation spéciale,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

 
Vous m’avez de nouveau élue Maire de Saint-Paul. Je vous remercie chaleureusement, mes chers collègues, de l’honneur que vous me faites.

 

Je souhaite avant toute chose remercier les Saint-Pauloises et les Saint-Paulois de nous avoir renouvelé leur confiance d'une si belle manière. Qu'ils soient convaincus de notre volonté de reprendre avec cœur le travail que nous avons commencé à accomplir.

 

Permettez-moi aussi de saluer la présence parmi nous de la plus ancienne conseillère municipale de Saint-Paul, Mme Héloïse Lépinay, qui nous a tous précédés ici puisqu'elle a été élue en 1945, et aussi celle de Vaïssa Virama qui préside le Conseil municipal des jeunes de notre commune. Héloïse et Vaïssa, la pionnière et l'avenir, les années vous séparent mais vous êtes, l'une et l'autre, le symbole de ce qui nous anime tous ici.

 

Je tiens enfin à saluer toute notre assemblée, majorité et opposition. Au-delà de nos différences légitimes, nous poursuivons le même but, servir les habitants de Saint-Paul. Je forme le vœu que rien ne nous fasse oublier le sens de notre travail commun, et que la multiplicité de nos opinions, qui fait la richesse de la vie politique, loin de nous fournir le prétexte de mauvaises querelles, nous soit à tous un aiguillon pour mieux accomplir la mission que nos concitoyens nous ont confiée.

 

Comme l’an dernier, mais mieux encore que l’an dernier, je mesure la responsabilité qui est la mienne.

Mieux encore, parce que seize mois de travail m’ont fait prendre une conscience plus précise de l’étendue de la tâche.

Mieux encore, parce que l’interruption que nous avons subie, et qui nous a meurtris, nous a fait puiser dans nos ressources d’énergie et de volonté.

Mieux encore, parce que, comme je l’ai dit au soir de l’élection, l’exceptionnelle confiance que nous ont témoignée les Saint-Pauloises et les Saint-Paulois nous fait obligation à tous, et à moi la première, de nous montrer plus exigeants encore vis-à-vis de nous-mêmes.

 

L’étendue du travail, nous la connaissons.

Il nous suffit de marcher dans les rues de Saint-Paul pour comprendre ce qui est encore à faire.

Il nous suffit surtout de parler avec nos concitoyens pour mesurer l’immensité et la diversité de leurs attentes.

 

Il y a les attentes urgentes, élémentaires, prioritaires comme le logement, l'emploi, la santé.

Il y a les multiples attentes que fait surgir l’existence, de la naissance au dernier hommage : l’éducation et l’enseignement, la culture, le sport, tous les aspects d’une vie sociale aujourd’hui complexe, difficile, passionnante.

Il y a les attentes classiques de toute société et les attentes nouvelles de la société moderne. Le passé qu’il ne faut pas oublier, l’avenir qu’il faut préparer, et dont il faut conjurer les menaces.

Tout cela, mes chers collègues, vous le savez comme moi, c’est notre travail quotidien. Soyons-en fiers, reprenons-le avec simplicité.

 

Mais il est bon que l’ouvrier ou l’artiste, que l'élu ou l'agent communal, ou n’importe quel travailleur, avant de se mettre à l’œuvre, se tienne un instant en silence pour réfléchir à ce qu’il va faire et aux raisons qu’il a de le faire. Je voudrais prendre un instant, devant vous, le temps de cette respiration.

 

Nous ne sommes pas venus par hasard à la vie publique. Nous y avons été préparés soit par une tradition politique qui nous a été léguée ou que nous avons choisie, soit par le goût d’être utiles qui nous a été soufflé par quelqu’un ou par quelque circonstance de la vie. Ces appartenances, ces fidélités du cœur sont précieuses. En les abandonnant, c’est nous-mêmes que nous abandonnerions.

 

Dans notre assemblée, ces appartenances sont multiples, et je m’en réjouis. Nos fidélités diverses sont porteuses de sens et d’humanité, et le monde où nous vivons a besoin de sens et d’humanité. Mais, en même temps, nous savons bien qu’aucune de ces appartenances, aucune de ces fidélités, ne dit à elle seule toute la vérité. C’est dans la mesure où elles nous ouvrent sur autrui et sur le monde qu’elles sont vraies. Et cela suppose non seulement qu’elles se tolèrent les unes les autres, ce qui est nécessaire mais insuffisant, mais encore qu’elles cherchent, les unes avec les autres, sans se renier mais en s’élargissant, comment coopérer à la même tâche.

 

« Tout ce qui monte converge », disait Teilhard de Chardin. Les vérités méfiantes et agressives ne sont pas des vérités, mais des enfantillages. Je souhaite qu’il règne entre nous, même quand nos opinions s’affronteront, un climat d’écoute et d’attention réciproque. Si un tel climat s’établit dans notre Conseil municipal, si les échanges ne s’y dégradent pas en volonté de puissance, nous serons dans l’attitude qu’il faut pour correspondre, aussi bien que possible, aux attentes de nos concitoyens.

 

Oui, les Saint-Paulois attendent des conditions de vie meilleure, des logements, des emplois. Oui, ils attendent tout ce que nous savons qu’ils attendent. Mais ils attendent aussi que Saint-Paul soit une ville où l’on respire, où les poumons respirent, où l’esprit respire, où le cœur respire.

 

J’ai voulu vous rappeler ces choses aujourd’hui parce que là est le sens de notre mission. C’est à cela que nous œuvrerons quand nous travaillerons de toutes nos forces pour que nos quartiers deviennent vraiment des lieux de vie, pour que, de l’enfance à la vieillesse, l’existence soit plus large et plus ouverte, pour que les services de la commune soient accessibles à tous, respectueux de tous, pour que notre développement économique profite à tous, pour que notre nature, berceau de notre vie, soit respectée, pour que les activités du corps et de l’esprit, disponibles pour tous, y aident chacun à mieux vivre.

 

L'ampleur de la tâche, les crises -mondiale et locale-, nos limites aussi sont toujours là pour nous rappeler à la modestie et à l'humilité, mais rien ne nous empêche jamais de faire effort. « L’humanité, disait le philosophe Francis Jeanson récemment disparu, tient tout entière dans les efforts des hommes pour la faire advenir. » Je souhaite que cette pensée soit toujours présente en ce lieu.

 

Merci encore. Bon courage à tous.

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